Ces trois derniers mois, la plupart des conseils régionaux ont voté leurs budgets pour l'année 2008. Presque partout, celui consacré au supérieur, un domaine qui ne fait pourtant pas partie des champs de compétence des régions, est au moins équivalent à celui de l'année dernière, et augmente parfois fortement. Ces investissements presque toujours en hausse soutiennent les opérations immobilières aussi bien que les aides aux étudiants ou aux formations.
883 millions d'euros en faveur du supérieur.
« L'arrivée de la gauche en 2004 à la tête des régions a accentué une tendance de fond : ces dernières s'intéressent de plus en plus à l'enseignement supérieur et à la recherche, constate Roger Fougères, le président, à l'ARF, de la commission enseignement supérieur-recherche, et vice-président de la région Rhône-Alpes pour ce secteur. Les régions veulent utiliser l'inno-vation, la connaissance pour leur développement économique, social, sanitaire, et leur rayonnement international. Dans un contexte de mondialisation, elles veulent être offensives, que leurs entreprises soient compétitives, et évidemment cela passe par la formation des jeunes dans le
supérieur »
Au total, selon l'ARF, les conseils régionaux ont dépensé 883 millions d'euros en faveur du supérieur en 2007, soit 14 € par habitant (hors formations sanitaires et sociales), contre 750 millions d'euros en 2006. De 20 à 30 % de cette enveloppe sont en général consacrés au financement du CPER, participation le plus souvent égale ou supérieure à celle consentie par l'État.
Une grande disparité entre régions.
Quelles régions investissent le plus dans le supérieur ? Que choisissent-elles de financer ? En l'absence de centralisation de ces données par le ministère ou l'ARF, il est difficile d'établir des tendances, mais un rapide tour d'horizon permet de faire quelques observations. On note des hausses spectaculaires cette année : en MidiPyrénées, le budget enseignement supérieur a presque doublé par rapport à 2007. En Franche-Comté, cette tendance atteint 36 %. Certains baissent légèrement, comme celui de Rhône-Alpes, lasse de jouer les « pompiers de service » de l'État, en retard sur l'affectation de ses crédits CPER. Ces variations sont à nuancer : elles tiennent souvent au lancement ou à l'achèvement, une année donnée, de projets particulièrement coûteux.
L'immobilier en tête des investissements.
Les principales enveloppes sont l'immobilier, l'aide à la mobilité internationale, au logement et à la vie étudiante. L'aide à la réduction des inégalités d'accès aux études supérieures par le tutorat, la sensibilisation dans les lycées ou encore la création d'antennes universitaires dans les villes secondaires sont également accompagnées par les régions, comme dans le Nord-Pas-de-Calais, qui consacre cette année 1,3 million d'euros. La préoccupation d'aménagement du territoire guide certains choix. Autre exemple marquant : la région MidiPyrénées devrait dépenser cette année 48 000 € en indemnités de transport pour que les étudiants en deuxième cycle de médecine effectuent leur stage en zone sous-médicalisée. Les aides directes aux établissements, destinées notamment à l'amélioration de leur offre de formation et à leur fonctionnement, sont aussi de plus en plus fréquentes et s'inscrivent dans la durée. « Cinq ou six régions commencent à signer des contrats pluriannuels avec les établissements, via des schémas régionaux du supérieur et de la recherche », indique Roger Fougères. Dans quelques mois, l'investissement des régions dans le supérieur sera beaucoup mieux connu : l'ARF a lancé une enquête sur cette problématique, et organisera un colloque à l'automne prochain.
VM



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